Fabriquer sa bière

par | Mai 20, 2017 | Découvertes, Non classé

Chaque année, c’est la même chose. Je crois toujours que j’ai le temps et puis non. La date fatidique semble arriver à la vitesse d’un boomerang alors que je me croyais laaaaaarge… la date d’anniversaire de mon homme chéri. A ma décharge, c’est deux mois après Noël. Il arrive que j’ai des fulgurances et que je prépare la surprise bien à l’avance (généralement pour les dizaines) mais le plus souvent, je me retrouve au pied du mur, endormie par le soulagement d’avoir trouvé THE bonne idée à Noël. Et il faut remettre ça. J’ai bien entendu essayé d’obtenir des souhaits, des envies, des rêves. Mais mon mari fait partie de ceux qui répondent invariablement “je n’ai besoin de rien” et “comme tu veux, ma chérie”. Croyez-moi, en 26 ans de mariage, j’ai tout essayé. La pédagogie (expliquer la différence entre “besoin” et “envie”, notion que je maîtrise personnellement à la perfection), la menace (puisque c’est comme ça, tu vas te retrouver sans rien !” invariablement suivi de “mais tu suffis à mon bonheur ma chérie”), les supplications… rien n’y fait. Et quant par miracle, j’obtiens une réponse, je la trouve navrante (un disque dur, une clé USB, une carte mémoire pour l’ordinateur). Franchement, aller rue Montgallet pour une carte mémoire, ça me branche plus que moyen… Et le plaisir de l’achat fait partie du plaisir d’offrir, non ?

6-10 rue Guillaume Bertrand 75011 Paris

Donc, je me débrouille. Et là, 3 jours avant the D-day, un cousin me souffle la bonne idée tendance : un atelier pour apprendre à fabriquer sa bière. D’abord, mon homme aime la bière. Ensuite,le scientifique qu’il est va adorer le côté “petit chimiste” du truc. Et comme le cousin est sympa, il me recommande même l’endroit : la Beer Fabrique. Un petit tour sur Internet, je trouve l’endroit rigolo et branché, 1 clic et hop, c’est validé ! Et comme Beau-Papa est en panne d’idée, nous nous associons. Tout le monde est content, ne manque plus que l’avis du héros du jour. On embarque Beau-Papa et Fistounet pour un brunch chez PDG, et padam ! : remise de l’enveloppe soigneusement décorée, ouverture, exclamation (“quelle bonne idée ma chérie !” -moi, sourire modeste : “tant mieux mon amour”), Fistounet (jeune chimiste en herbe) se porte volontaire pour accompagner son papa à l’atelier (la réservation était pour deux personnes, c’est plus sympa), et après quelques semaines d’attente impatiente, voilà la veille du jour tant attendu. Sauf que Fistounet a changé ses plans et que le papa se retrouve tout seul. J’ai horreur de la bière mais je me dévoue. Après tout, voir mon mari aux fourneaux est un plaisir suffisamment rare pour effectuer ce petit “sacrifice”.

Nous voilà donc un samedi matin dans le 11ème arrdt, tablier solidement arrimé au corps, prêt pour 4 heures de fabrication du précieux breuvage. Vous me croirez si vous voulez mais l’affaire n’est pas simple. Elle est même complexe. Et délicate. Et précise. Attention, on ne rigole ni avec les ingrédients, ni avec les pesées, ni avec les températures et encore moins avec les bactéries ! Et pas trop non plus avec le démonstrateur, passionnant par ailleurs mais très pris par son sujet.

La marche à suivre

D’abord, choisir de la recette parmi 7 propositions et la lire atten-ti-ve-ment.

la recette

Ensuite, pesée minutieuse des ingrédients.

d’abord les céréales

puis les malts et les houblons

Installation des marmites sur le feu (il faut une consommation d’eau hallucinante pour sortir 15 litres de bière !!! Je n’aurais jamais cru ça).

Avec une gorgée de bière, ça bout plus vite

 

première étape ok

 

 

comme pour la confiture, on écume 

 

après 1h30 d’ébullition, on refroidit avec un serpentin

Cuisson du bidule, ajouts des malts, des levures etc… Entre temps, quelques quizz agrémentent les périodes d’attente, quelques planches de charcuterie circulent pour apaiser les estomacs grognons (et les autres), et on goûte aussi. On apprend plein de choses sur la bière, son histoire, ses particularités… Et même quand on n’aime pas ça, on passe un très bon moment.

Après toutes ces étapes, on met la bière dans un grand seau stérilisé, on la descend dans une pièce tempérée à 18° et on attend 15 jours que la première fermentation se fasse. 

fait chaud !

étape délicate, attention de ne pas introduire de bactéries !

 

15 jours après donc, on revient rajouter un peu de sucre (pas trop sinon la bouteille explose) pour augmenter le degré d’alcool, on met en bouteille (stériles, les bouteilles, hein !) avec une belle étiquette personnalisée et on rapporte le tout chez soi. On doit encore attendre 1 semaine par degré d’alcool suivant la recette choisie (6 semaines en ce qui concerne la recette de mon chéri). D’abord 15 jours à 20-22° puis on peut (enfin) la descendre à la cave en attendant le moment de la première dégustation.

et on n’oublie pas de faire sa vaisselle…

 

ça se mérite !

 

 

On sort de là heureux d’avoir passé un bon moment, d’avoir appris plein de choses, par exemple que la bière ne se classe pas par couleur -blanche, blonde, brune, classification purement commerciale, que le houblon a des vertus antioxydantes et antiseptiques, que le malt hautement torréfié donne un goût chocolat et avec un stock de bière (15 litres) que les copains attendent avec impatience de déguster.

 

Préparez les zakouskis, je sors les verres !

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