La ville éternelle…

par | Mar 1, 2017 | Découvertes

Par moments vous prend l’envie d’ailleurs. Ça vous attrape au saut du lit et ça s’impose à vous, comme une nécessité absolue, voire même une question de survie mentale. Et moi, ça m’est arrivé pendant les froidures de janvier. J’ai cherché the bonne idée et mon cher et tendre le moyen de la réaliser : lastminute.com. Comme j’avais une très grosse envie d’Italie, Rome s’est imposée. Nous avons pris deux de nos enfants sous le bras (le troisième, le pauvre chéri, passait ses examens de semestre), avons ajouté mon père au package (un puits de culture, indispensable pour un tel voyage), confié la chienne à quelqu’un de sûr (merci beau-papa !), arrosé les orchidées et hop ! nous voilà un vendredi à Orly à 5h00 du matin (vol low-cost oblige), lunettes de soleil calées sur la tête et frétillants d’impatience.

La magie a opéré dès le tarmac d’arrivée : grand soleil, air doux (10°). Les visages se sont éclairés, les écharpes se sont dénouées et les lunettes de soleil sont descendues sur les museaux. 30 mn de train vers le centre ville, un peu de marche et voilà l’Hosiasum Palace. A l’accueil, un italien charmant nous indique que nos chambres sont prêtes et que nous pouvons en prendre possession immédiatement. Décidément, les dieux étaient avec nous ! Les chambres sont vieillottes, l’heure de gloire de l’hôtel faisant visiblement partie du passé, mais elles sont propres et claires. Et l’hôtel possède une terrasse qui domine les toits de Rome, délicieusement ensoleillée, sur laquelle sont servis thés, cafés, cocktails, vins…

A peine les valises déposées, les enfants et leur grand-père réclament un petit-déjeuner et le cappuccino de rigueur. J’avale mon anti-inflammatoire sans lequel rien n’est possible et nous voilà partis. L’emplacement de l’hôtel est le grand atout de cet établissement : à 5 mn de la “machine à écrire” et du forum, 15 mn de la place d’Espagne, au bord du ghetto, à 5 mn du Tibre… Un rêve. Nous avions l’impératif de commencer notre voyage par une visite du Vatican car il était fermé pour le week-end, célébration des accords de Latran oblige. Nous y retrouvons notre guide, Francesca, retenue via le site de Julie depuis Paris, pour une visite extraordinaire… Il n’y avait pas trop de monde aussi Francesca a-t-elle pu nous promener agréablement à travers les nombreuses salles des 11 musées. Son savoir, sa connaissance des lieux, ses anecdotes ont ponctué l’après-midi sans que nous voyions le temps passer. Les enfants ont parcouru le musée bouche-bée, leur grand-père a rajouté quelques récits de la petite histoire qui ont beaucoup amusé tout le monde, et nous, nous étions fascinés avec l’impression de faire la visite pour la première fois -à notre décharge, notre précédent voyage remontait à 26 ans. Francesca nous a fait remonter le temps de façon merveilleuse, s’arrêtant sur une statue ayant inspiré Michel-Ange, un tableau dont la beauté vous fait monter les larmes aux yeux, un plafond oublié… Comment décrire les merveilles admirées ? Les sculptures, les peintures, les cartes, les objets tous plus extraordinaires les uns que les autres ? Impossible, il faut aller voir.

L’escalier des Papes

Mosaïque “récupérée” par les papes dans le forum

Octave Auguste

L’Ecole d’Athènes – Raphaël

La visite s’est terminée sur la place Saint Pierre, au soleil couchant. Exténués mais heureux, nous avons quitté Francesca pour honorer la promesse faite aux enfants d’une vraie glace italienne, pas fâchés de se poser avant de regagner l’hôtel. Nous avons dîné dans un bar à vin proche de l’hôtel, aux plats délicieux accompagné d’un vin surprenant mais exquis. A 21h00, tout le monde dormait à poings fermés.

le soleil se couche sur la basilique

Le lendemain, l’adjudant-chef (ma pomme) avait imposé un réveil à 9h00 pour un petit-déjeuner roboratif avant de se rendre au Palais Colonna, ouvert au public seulement le samedi jusqu’à 14h00. Pour moi qui suis férue de romans historiques, le nom des Colonna est familier. Et ce fut effectivement une plongée dans l’Histoire, la grande comme la petite, grâce à notre guide du musée qui a su avec humour nous faire découvrir cette merveille imposante, impressionnante, ce musée vivant puisque la famille y vit toujours. Là encore que des merveilles… Tableaux, fresques, meubles, sculptures, tapis et j’en passe, tous plus somptueux que les autres nous ont raconté l’histoire de cette famille qui a tant compté à Rome et depuis si longtemps. Mon père a même aperçu le prince qui a fait une discrète apparition dans la galerie. Comme le Vatican, il faut voir ça. C’est l’histoire, vivante, qui s’expose sous nos yeux. Un ravissant portrait de Marie Mancini, premier amour de Louis XIV, nous rappelle les liens étroits qui ont toujours lié l’Italie et la France.

Galleria Colonna

Armure du héros de la famille, Marcantonio, vainqueur de la bataille de Lépante, en ivoire et ébène

Marie Mancini, nièce du Cardinal Mazarin

La suite du voyage s’est déroulée en agréables repas dans les trattoria romaines (on y mange moins bien qu’en Toscane mais ça reste délicieux), on s’est gavé de glaces, de mozzarella fraiche, de petits gâteaux à la crème, de statues antiques, d’églises flamboyantes (dont, grâce à Francesca, nous pouvions décoder les symboles), de grands maîtres et de plus modestes, nous avons parcouru le forum sous le soleil (en simple chemise pour certains), respiré le parfum des orangers du Palatinat, écouté les cris des combats des gladiateurs dans le Colisée, contemplé l’Histoire dans une église primitive et il m’a semblé apercevoir l’ombre de Jules César au détour d’une allée du forum. D’aucuns diront que c’est un reflet du soleil mais je l’ai tout de même saluée avec la déférence que l’on doit à un grand personnage. Marcher dans les pas de ceux qui ont bâti notre civilisation n’est pas chose anodine et c’est très émus que nous avons quitté ce lieu exceptionnel.

 

l’incontournable cappuccino

L’Antico Caffè Greco où Litz et Chopin aimaient boire un café et déjeuner – serveurs snobs mais lieu magique

Il a bien fallu rentrer, après 4 jours exceptionnels dont le but était de faire découvrir aux enfants un peu des origines de notre civilisation et de partager un moment fort en famille. Chacun est revenu la tête remplie de souvenirs éblouissants, émouvants, cocasses et gourmands. Une chose est sûre, nous n’attendrons pas 26 ans pour y retourner, il reste tant à voir…

 

L’île de Tibère

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